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La police vaudoise démantèle un énorme réseau de faussaires

ART | 80 faux tableaux vendus pour plus de 400 000 francs, plus de cent tableaux saisis: l’enquête sur le vol d’un Giacometti débouche sur l’une des plus importantes affaires de faux artistiques en Suisse.
Rédaction online | 03.11.2010 | 11:27

Quatre prévenus domiciliés dans le canton ont mis sur le marché, de 2005 à 2008, près de 80 faux tableaux portant les signatures d’une quarantaine de peintres connus, explique la police cantonale vaudoise dans un communiqué.

L’enquête a conduit à la saisie de plus de 100 tableaux, parmi lesquels se trouve un important lot de Rodolphe-Théophile Bosshard, mais aussi des faux portant les signatures d’Edmond Bille, d’Edouard Vallet, de Georges Braque, de Kees van Dongen ou encore de Maurice de Vlaminck.

La majorité des lésés sont  des professionnels du marché de l’art en Suisse. Plus de 400 000 francs ont été dépensés par les victimes dans l’acquisition de ces faux.

Tout commence par un vol à l’astuce
Pour cette enquête de longue haleine, les inspecteurs de l’unité judiciaire de la Police de sûreté vaudoise ont recouru aux services de l’Ecole des sciences criminelles de l’Université de Lausanne.

Les premières investigations remontent à janvier 2007, lorsqu’une lausannoise a été victime d’un vol à l’astuce. En la remplaçant par une copie, les prévenus ont dérobé une œuvre authentique de Giovanni Giacometti qu’ils ont revendue CHF 180 000 fr.

Dans le prolongement de cette affaire, les enquêteurs ont découvert, lors du salon des antiquaires de Beaulieu à Lausanne, en novembre 2007, que plusieurs tableaux portant la signature de R.-Th. BOSSHARD proposés à la vente n’émanaient pas de lui.

Un peintre, un expert ripoux, deux revendeurs

En août 2008 quatre prévenus sont passés aux aveux. Le premier, un suisse âgé d’une cinquantaine d’années a admis avoir peint une vingtaine de fausses oeuvres. Plusieurs autres contrefaçons en cours d’exécution ont été saisies à son domicile. Le second, également suisse et dans la même tranche d’âge, expert et connaisseur du marché de l’art suisse, avait rédigé de faux certificats et décidé des fausses signatures à apposer sur les tableaux litigieux.Ces deux hommes ont été momentanément incarcérés dans des prisons vaudoises.

Deux autres prévenus, de nationalité suisse et âgés d’une cinquantaine et d’une soixantaine d’années, se sont chargés du « volet commercial » de l’opération en proposant et en vendant les contrefaçons.

Tous ont été inculpés d’escroquerie, de faux dans les titres et de faux dans les certificats. La durée de l’enquête s’explique par la difficulté à retrouver, puis récupérer la grande majorité des plagiats, dont il n’est pas exclu que certains soient encore sur le marché.

Trois types de faux
L’enquête a permis de mettre en évidence trois types de contrefaçons :

– les faux “entiers” qui ont été peints et signés par le faussaire;

– les faux “partiels” qui sont des tableaux non signés ou paraphés par des auteurs mineurs, sur lesquels le plagiaire a ajouté ou remplacé la signature originale par celle d’un maître coté auquel le style du tableau original aurait pu s’apparenter;

– “les œuvres authentiques falsifiées” qui sont des œuvres, probablement conçues par un artiste connu, mais non signées par lui, comme on en retrouve souvent dans les ateliers de peintres renommés suite à leur décès et sur lesquels leur signature a été rajoutée pour en augmenter la valeur en renforçant la notion d’authenticité sans que celle-ci ne soit pour autant vérifiée.

Les investigations de police sont terminées et le rapport final des enquêteurs a été déposé.

http://www.24heures.ch/vaud-regions/actu-vaud-regions/police-vaudoise-demantele-enorme-reseau-faussaires-2010-11-03

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