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Statues d'Apollon et Jupiter: le Louvre juge injustifiée la demande d'Izmir

PARIS — Le Louvre considère “tout à fait injustifiée” la demande de restitution de deux statues d’Apollon et de Jupiter (Zeus), que lui a adressée récemment la ville turque d’Izmir, a indiqué Henri Loyrette, le président-directeur du musée du Louvre, interrogé par l’AFP.
“Nous avons considéré que c’était une demande tout à fait injustifiée”, a déclaré M. Loyrette, en soulignant que ces deux statues de marbre avaient été achetées au XVIIe siècle par la France.
“Cette demande de restitution n’est pas une demande officielle”, a souligné M. Loyrette. Elle émane du maire d’Izmir, l’ancienne Smyrne, et n’est pas relayée par l’Etat turc, a-t-il ajouté.
Alors que la France a rendu lundi à l’Egypte cinq fragments de peintures murales auparavant détenues par le Louvre, le musée souligne que les deux dossiers sont très différents.
Les fragments restitués à l’Egypte avaient été acquis sur le marché par l’Etat français en 2000 et 2003. Lorsque Le Caire a fourni des documents démontrant qu’ils étaient sortis d’Egypte illégalement, le Louvre et les autorités françaises ont aussitôt accepté de rendre ces oeuvres.
L’Apollon de Smyrne et le Jupiter de Smyrne ont été découverts en 1680 en contrebas des ruines du stade de la ville et ont été achetées pour Louis XIV par un agent consulaire français. A cette époque, la France entretenait des relations privilégiées avec l’empire Ottoman, souligne le musée français.
Acquises légalement il y a trois siècles, ces statues “ne peuvent évidemment pas faire l’objet d’une demande de restitution”, souligne le Louvre.
Les règles internationales en vigueur, parmi lesquelles la convention de l’Unesco de 1970, ratifiée par la France en 1997 et dont les effets ne sont pas rétroactifs, concernent les objets d’art volés ou ayant fait l’objet d’un trafic illégal. Les sculptures de Smyrne du Louvre ne rentrent donc pas dans ce cas de figure, ajoute l’établissement public.
Dans une lettre adressée récemment à la direction du Louvre, le maire d’Izmir, Aziz Kocaoglu, a revendiqué ces deux statues de marbre exposées au musée du Louvre. Il estime que ces oeuvres devraient rejoindre un musée des civilisations égéennes que la ville entend fonder.
Le Louvre lui a répondu qu’il n’en était pas question et a relevé que le musée parisien “contribue à la valorisation du patrimoine turc et de la ville d’Izmir en particulier puisque cette demande a surgi à l’occasion de l’exposition en cours +D’Izmir à Smyrne+”.
Les deux statues sont actuellement visibles au Louvre dans le cadre de cette exposition qui se tient jusqu’au 18 janvier 2010.

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