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L'exposition "Chefs d'oeuvre du Delta du Gange. Collections des musées du Bangladesh" était présentée par le musée national des arts asiatiques Guimet comme "l'occasion unique d'apprécier le patrimoine encore trop peu connu du Bangladesh, original et riche dans sa diversité géographique et religieuse"

La malédiction du musée Guimet

Des sculptures en bronze et en pierre, des terres cuites, des manuscrits des périodes où prédominaient le bouddhisme et l’hindouisme, ainsi que des monnaies en argent et des objets décoratifs des sultans musulmans devaient être exposés. Un trésor archéologique et artistique dont les pièces les plus anciennes dataient du IIIe siècle avant J.-C., et les plus récentes du XIXe après J.-C. Tous ces objets sans prix “devaient” être exposées… mais ne le seront pas, car l’exposition, après de multiples rebondissements, a été annulée mardi par les autorités du Bangladesh, dans une ambiance délétère…

Dès le départ, l’opération avait accumulé les couacs. L’exposition avait été successivement repoussée d’octobre à novembre, puis décembre… puis reportée au 9 janvier. La sortie pour la première fois hors du pays de ces oeuvres avait “éveillé des inquiétudes chez certains Bangladais”, avait expliqué le musée. Une élégante litote, s’il faut en croire le conservateur du musée, Vincent Lefèvre, cité par Le Parisien : “Les opposants au gouvernement du Bangladesh n’ont de cesse de faire croire à l’opinion publique que la France spolie les pays étrangers de ses oeuvres d’art”.

Tout se ligue contre l’exposition

Tracasseries administratives, réticences d’archéologues locaux, actions “coup de poing” d’opposants politiques sont ainsi peu à peu venues s’ajouter pour retarder indéfiniment le projet. Au total, 188 pièces devaient être prêtées au musée parisien. Seul un premier lot de 42 pièces avait finalement été acheminé en France… le 1er décembre, pour une exposition programmée initialement en octobre. Et ce, malgré un accord entre l’ambassade de France à Dacca et le ministère des Affaires culturelles… L’affaire était allée jusqu’à la Cour suprême du Bangladesh, qui ne s’était pas opposée officiellement à l’exposition… mais sans permettre au projet d’avancer plus vite. Jusqu’à ce vol : samedi dernier, deux statuettes rares en terre cuite représentant le dieu hindou Vishnou disparaissaient à l’aéroport de Dacca alors qu’elles devaient être acheminées en France. Le conservateur du musée Guimet évoque ses soupçons dans Le Parisien : “Je pense que ce vol est un traquenard, monté de toutes pièces. Il ne devait être découvert qu’à Paris, ce qui aurait permis d’accuser l’Hexagone”.

Quinze personnes ont été interpellées dans le cadre de l’enquête sur ce vol et les autorités envisagent de demander l’aide d’Interpol. Mais le mal est fait : ce vol aura marqué le coup de grâce pour l’exposition. Les autorités du Bangladesh ont annoncé mardi leur décision d’annuler la collaboration. “Le musée Guimet sera informé de notre décision, que nous regrettons, d’annuler le projet d’exposition”, a expliqué le gouvernement, dans un communiqué en forme d’arrêt de mort pour le projet.

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