Museum Security Network

Les trafiquants offrent leurs marchandises sur plus de 200 sites Internet. 1 310 pièces archéologiques récupérées par les gendarmes en dix mois

Le vol et le trafic des pièces archéologiques demeurent une source de
richesse pour laquelle les trafiquants — nationaux et étrangers — ne
cessent de développer un mode opératoire au détriment de la préservation
de ce patrimoine culturel.


*En effet, environ 200 sites Internet algériens et autres européens font
de la prospection et mettent en vente différentes pièces appartenant au
patrimoine algérien. Ces pièces de valeur sont, selon des spécialistes
du domaine, soit déjà volées et cachées, soit existent dans des cites
archéologiques pour être volées d’une manière ou d’une autre en cas où
un client les demande. Le fléau de ce commerce illégal par le Net est né
avec la création, en 2001, d’un premier site appartenant à un pays
européen et qui met à la disposition de ses visiteurs une marchandise
africaine et notamment algérienne, et ce, suite au durcissement des
dispositifs de surveillance du patrimoine et des touristes. Depuis, les
touristes ne peuvent plus circuler indépendamment sur les sites sans
être escortés par les services de la gendarmerie nationale qui assurent
par leur présence, à la fois, la sécurité de ces touristes et la
préservation du patrimoine contre toute tentative de détournement.
Aussi, le durcissement des contrôles sur les axes routiers et les
frontières terrestres ne permet plus ledit trafic et le transfert des
pièces volées vers d’autres territoires dont l’affaire des touristes
allemands arrêtés et estés pour une affaire de vol de telles pièces au
niveau de la wilaya de Tamenrasset. Pour ce qui est de l’utilisation de
l’Internet pour ce genre d’échanges commerciaux illégaux, le commandant
Abdelhamid Kerroud, de la cellule de communication de la gendarmerie
nationale, nous a expliqué que les malfaiteurs se cachent derrière la
technologie en général et le Web en particulier afin de faciliter leurs
contacts avec leurs clients d’une part et ne pas être repérés facilement
par les services de sécurité d’une autre part. Ainsi, les trafiquants, à
travers ces sites, exposent le maximum de richesses existant dans divers
sites archéologiques et le client n’a qu’à faire son choix et sa
commande pour passer à l’étape de l’atteinte par des moyens étudiés à la
pièce désirée. Bien sûr, les services de la sécurité ne restent pas les
bras croisés devant ce genre d’atteinte à l’exemple de la Gendarmerie
nationale à qui revient l’initiative de créer des brigades pour la
préservation du patrimoine archéologique et culturelle au niveau des
wilayas et des régions où il se trouve. Dans une étude sur le rôle de
cette institution dans ce domaine, la sous-lieutenant au département de
la communication, Sihem Abrous, fait état de quatre cellules créées et
opérationnelles depuis l’année 2005 au niveau des wilayas d’Oran,
Ouargla, Constantine et Tamenrasset avant la création durant l’année en
cours de trois nouvelles cellules à Adrar, Souk-Ahras et Tipaza où l’on
trouve beaucoup de sites culturels. Les éléments de ces cellules, ayant
reçu des formations spéciales dans le domaine, assurent leur mission de
sécurité tout en étant en contact permanent avec les autres départements
et institutions liés à la culture, au patrimoine et au tourisme afin
d’atteindre l’objectif de préserver les richesses ciblées. D’ailleurs,
l’étude indique qu’après une année d’installation desdites cellules, un
réseau de contrebande de pièces archéologiques a été démantelé à l’est
du pays et pas moins de 1 127 pièces volées ont été récupérées dont 96
pièces d’ancienne monnaie et trois tableaux de Picasso. Par ailleurs,
durant les dix premiers mois de l’année en cours, les mêmes services ont
pu récupérer 1 310 autres pièces dont des œuvres d’art dans différentes
régions du pays.

/ /13-12-2007
http://www.lanouvellerepublique.com

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