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Le Bangladesh ne veut pas payer pour le retour de ses trésors; Après l'annulation de l'exposition «Chefs-d'œuvre du delta du Gange» au Musée Guimet, la polémique rebondit

Le Bangladesh ne veut pas payer pour le retour de ses trésorsLe rocambolesque feuilleton de l’exposition avortée « Chefs-d’œuvre du delta du Gange », qui devait s’ouvrir au Musée Guimet le 9 janvier, n’a pas encore trouvé son épilogue. Après l’annonce, le jour de Noël, de l’annulation (nos éditions du 26 décembre), le retour au Bangladesh de la quarantaine d’œuvres qui avaient déjà été installées dans les galeries du Musée des arts asiatiques, s’est transformé en un dialogue de sourds entre Paris et Dacca. «Nous attendons que le Bangladesh nous indique comment doit se faire le retour des pièces, explique le conservateur et commissaire, Vincent Lefèvre. On feint de considérer que c’est à nous de nous en occuper alors que Dacca n’a pas respecté ses engagements.» Vincent Lefèvre est échaudé par la décision bangladaise de renoncer, à la dernière minute, à la manifestation à laquelle il travaillait depuis cinq ans. Lors de cette annonce, les autorités locales avaient ajouté qu’elles exigeaient le renvoi immédiat des pièces déjà arrivées à Paris. Guimet rappelle que les pertes engendrées s’élèvent déjà à plus de 600 000 € (campagne d’affichage, édition du catalogue, frais de scénographie, etc.) et que les frais de transport sont estimés à plus de 15 000 €. Malgré l’incertitude, le musée parisien a commencé hier à enlever les œuvres de leurs socles. Elles seront remises en caisse en attendant une solution. L’annulation de l’exposition est une victoire pour les opposants au gouvernement intérimaire de Dacca qui avaient mené une intense campagne de mobilisation de l’opinion, à grand renfort de manifestations devant le Musée national et de recours juridiques. L’ancien directeur général du Musée du Bangladesh, Shamsuzzaman Khan, un des fers de lance de la contestation, avait accusé publiquement Guimet d’avoir dérobé des pièces originales ottomanes, propriétés de la Turquie. C’est le vol de deux statuettes en terre cuite, représentant le dieu hindou Vishnou, dans la zone douanière de l’aéroport de Dacca, alors qu’elles devaient être expédiées en France, qui avait porté le coup de grâce. Les opposants avaient immédiatement dénoncé l’incurie du gouvernement et mis en cause Air France. Malgré l’arrestation d’une quinzaine de suspects, dont certains membres du personnel de l’aéroport, le gouvernement de Dacca avait préféré renoncer à l’exposition. 

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