Trafic d’oeuvres d’art : la Suisse s’éveille

2017-6-3

C’est une exposition inédite que propose le musée d’Art et d’Histoire de Genève (MAH). Ou plutôt une présentation – la présentation au public d’oeuvres qui n’auraient jamais dû s’y trouver.

Entreposées aux Ports francs de Genève entre 2009 et 2010, neuf pièces archéologiques d’une immense valeur pour l’histoire de leurs pays, ici la Syrie, le Yémen et la Libye, sont saisies par l’administration des douanes en avril 2013 – leurs dossiers incomplets ne répondent pas aux critère légaux. Mais la justice prend son temps, et ce n’est qu’en novembre 2016 que le Ministère public ordonne leur confiscation, après avoir mené l’enquête. “C’est là que le procureur général nous a demandé d’aider à expertiser les pièces saisies et de les conserver en attendant qu’il en soit décidé de leur sort. J’ai alors proposé qu’on les présente,” explique Jean-Yves Marin, directeur du MAH de Genève. Il a voulu montrer au public ce que peuvent devenir les oeuvres pillées dans ces pays en guerre dont les médias, chaque jour, font état.

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Plaque-tournante du trafic

Avant les années 2000 régnait à Genève une joyeuse “tolérance” à l’égard des marchandises qui passaient par les Ports francs, le plus grand centre de transit de pièces artistiques et archéologiques au monde. En l’absence de loi criminalisant leur commerce illicite, les Ports francs étaient aussi la plaque tournante de tous les trafics. Le commerce illicite était notoire, les revendeurs se cachaient à peine, les douanes toléraient, la justice restait impuissante et le laxisme suisse était régulièrement épinglé par les organisations internationales. Car le produit du trafic de pièces archéologiques pillées sert à financier la guerre et à renflouer les caisses des groupes terroristes. Sous la pression internationale, les autorités ont fini par passer à l’action.

Les Ports francs de Genève : un gigantesque coffre-fort non soumis au service des douanes, où l'on peut décharger, manutentionner et réexpédier des marchandises. 

Les Ports francs de Genève : un gigantesque coffre-fort non soumis au service des douanes, où l’on peut décharger, manutentionner et réexpédier des marchandises.

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Source: Trafic d’oeuvres d’art : la Suisse s’éveille

June 8th, 2017

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